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D'après Morts sans sépulture de JP Sartre
Spectacle sur la Résistance- Durée 1h30 Avec Jonathan Raffin - Lucie Lalande - Caroline Rota - Benjamin Combettes - Chloé Albert - Mohamed Messatfa Lumières de Céline Compain - Vidéos Carline albert - Mise en scène Ilène Grange « Je veux de n’importe quelle vie. La honte ça passe quand la vie est longue »
Un groupe de résistants est arrêté suite à une opération de libération d’un village dans la Drôme. Ils sont retenus dans une salle d’une école désaffectée, réquisitionnée par les Collaborateurs du régime de Vichy. La pièce s’ouvre sur leur conversation.
Par bribes, dans une écriture efficace et directe, on fait connaissance avec les personnages, au milieu de leurs craintes, ils savent qu’ils vont passer à « la question » d’une minute à l’autre, et se demandent à leur manière, si ils vont tenir face à la barbarie de ce procédé.
Chacun se révèle d’une identité différente, dans la peur qui monte.
Tous n’ont pas vécu la torture dans leur passé de résistant, certain fantasment la chose, et lui font prendre des proportions déformées, qui ne sont pourtant pas si éloignées de l’horreur du châtiment.
On s’aperçoit que chacun est résistant à sa manière, que les convictions et les courages qui ont amené ces militants à se battre diffèrent, et puisent leurs racines dans des terreaux distincts.
Les tortionnaires sont aussi des personnages identifiés, ils ont clairement leur tempérament, leur motivation et leur manière d’appréhender leur terrible fonction, celle de torturer.
« Nous sommes morts à partir du moment précis où nous avons cessé d’être utiles »
Notre parti pris est très simple : nous appuyons la vision humaniste de l’auteur, qui dépouille l’histoire de ses contextes pour nous montrer nus, des hommes et des femmes humains, trop humains.
Ce propos touche à l’intemporel, la guerre n’est pas datée, mais actuelle, sous de multiples masques, dans de multiples cultures, avec en commun, les hommes et les femmes qui la mènent.
La Résistance et la Torture cohabitent, aujourd’hui et partout, et nous voulons extraire de l’Histoire de la seconde guerre mondiale le processus de Résistance qui existe encore, et ainsi lui rendre hommage.
Cette pièce permet de raconter l’Humain dans sa cruauté, dans sa peur et dans sa conviction et sa grandeur, son idéalisme, sa passion aussi.
Notre dispositif théâtral est un peu particulier : nous avons décidé de faire jouer les rôles des Résistants par les mêmes acteurs que les rôles des tortionnaires, afin de montrer que les contextes décident des êtres, et que nous pouvons être tout à la fois cruels et courageux, qu’il y a cette fragilité potentielle en nous.
Cette pièce lève les masques des rôles tenus par les personnages, qu’ils soient résistants ou tortionnaires, ils sont humains, et possèdent une conscience, avec laquelle ils sont en discussion à cœur et à corps ouvert ici.
Cette rencontre avec la Conscience est un humanisme, et il est criant d’éternité.
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