Image aléatoire

La Couleur des Etangs/1941 PDF
Avec Lucie Lalande
Ecriture et Mise en scène Ilène Grange
Scénographie Jonathan Raffin


« Que dois-je faire de ma démesure dans un monde où tout n’est que mesure ? »
M.Tsvetaeva

« L. trouve que les femmes sont plus intelligentes que les hommes ; trop intelligentes à certains égards, et sujettes de ce fait, à perdre de vue la vraie question »
V. Woolf

Ce spectacle imagine une réponse, à deux têtes, une russe, une anglaise, celles de Marina Tsvetaeva et de Virginia Woolf.
Une réponse à une question grave, grave comme la voix que j’ai imaginée pour ces deux femmes poètes.
Cette question traite du Suicide, de leur suicide, comme issue de leur vie, et seulement dans cette perspective, la fin éclaire leur vie, autant qu’elle en supprime le souffle.
Ces deux poétesses se sont effectivement suicidées en 1941, la même année, comme liées dans le temps, alors qu’elles ne se sont jamais rencontrées.

Nous avons décidé d’imaginer leur geste, ce qui l’a précédé, et pourquoi.

J’insiste sur la perspective de la vie de ces poétesses, comme couloir vers leur fin, puisque l’issue fait partie du chemin, mais non comme prédestination, il n’était pas dit qu’elles mettraient fin à leurs jours, d’une façon, d’une autre, mais leur tempérament respectif les a amenées au geste fatal, autant que le contexte dans lequel elles ont pu se retrouver, social, historique, sociologique, dans un siècle mouvementé, qui a retourné sa veste maintes fois en perdant ses enfants dans des méandres fous.

Ce spectacle n’est pas biographique, il ne cite que très rarement les auteures, il n’a pas la prétention de documenter sur des détails de la vie ou de l’œuvre de ces poétesses. Nous avons voulu imaginer ces deux personnalités apparemment opposées, mais qu’on va rapprocher, pourtant de cultures différentes, d’expériences diverses, puisque l’issue de leur vie est similaire.

Qu’est-ce qui mène deux poétesses, esclaves de la Beauté, attachées à la vie, qui leur permet de sentir, de saisir cette beauté, à vouloir cesser de battre, à vouloir cesser de percevoir le Beau pour sombrer ?